sarkis
Artistes
- Michael Akstaller
- Olga Chernysheva
- Ipek Duben
- Alia Farid
- Denise Ferreira da Silva
- Will Fredo
- Vibha Galhotra
- Malina Heinemann
- Joseph Kadow
- Stelios Kallinikou
- Kavachi
- Grada Kilomba
- Nicole L'Huillier
- Robert Lippok
- Nicholas Mangan
- Mateja Meded
- Silvina Der Meguerditchian
- Hani Mojtahedy
- Ersan Mondtag
- Arjuna Neuman
- Manuel Rossner
- Christoph Schäfer
- Muhannad Shono
- Sorawit Songsataya
- Ayman Zedani
Commissaires
- Çağla Ilk
- Misal Adnan Yıldız
Assistance curatoriale
- Sandeep Sodhi
Cahier d’accompagnement
Remerciements
Nous remercions les artistes et les soutiens de l’exposition.
La Staatliche Kunsthalle Baden-Baden est un établissement du Land de Bade-Wurtemberg sous la tutelle du Ministère des Sciences, de la Recherche et de la Culture de Bade-Wurtemberg.

Die Geschichte zeigt uns, dass wir in einem zeitlosen Zustand existieren und ständig zwischen Zeit und Raum hin- und herreisen...“ Grada Kilomba*
Changement climatique et sécheresses, politiques d’isolement, récession, conflits armés et régimes autoritaires – beaucoup des questions existentielles de notre époque, de nos crises globales ne peuvent être formulées qu’en relation avec ces deux concepts: Nature et État.
En s’appuyant sur le projet de l’année dernière, State and Nature, qui élargissait ces deux concepts dans le canon contemporain, l’exposition annuelle de la Staatliche Kunsthalle Baden-Baden porte le titre Nature and State et propose ainsi une suggestion dialectique. Au centre se trouve l’étude de la continuité et de la désobéissance, des possibles chemins de transformation de la forme étatique de la société et de la relation généalogique entre le passé et l’avenir.
La curatelle de l’exposition suit la méthodologie du théâtre, qui travaille avec un scénario comme origine d’un récit : Anfänge - Eine neue Geschichte der Menschhei (2021) de David Graeber et David Wengrow déplace le centre de notre récit vers la remise en question de l’idée fondamentale de l’État comme une négation de l’état de nature, en considérant comment les communautés préhistoriques prenaient elles-mêmes les décisions concernant leur mode de vie. Nature et État part de la question posée par Graeber/Wengrow : nos ancêtres ont-ils peut-être mieux vécu dans d’autres formes de communauté que nous, et imagine une future suite aux romans de science-fiction féministes précoces d’Ursula K. Le Guin.
Ainsi, le nouveau chapitre commence paisiblement par une citation de Le Guin : "(...) wir haben keine Staaten, keine Nationen, keine Präsidenten, keine Premierminister, keine Häuptlinge, keine Generäle, keine Bosse, keine Bankiers, keine Grundbesitzer, keine Löhne, keine Wohltätigkeit, keine Polizei, keine Soldaten, keine Kriege." (Ursula K. Le Guin: Die Enteigneten, 1974).
Nature and State ne doit pas être comprise comme une exposition collective au sens littéral : elle est un processus ouvert qui explore de nouvelles perspectives artistiques à travers des propositions de structures, d’espaces et de récits temporaires.
Au lieu d’une forme statique de l’exposition, l’équipe renouvelée de la Kunsthalle Baden-Baden propose avec Nature et État une composition fluide, variée et changeante de méthodes. Elle invite le public à participer à ce processus au cours des prochains mois, alors que la Kunsthalle se transforme en une mutation continue de ses espaces et de ses personnes. Chaque week-end de juillet et d’octobre 2022 verra un programme performatif spécifique, commençant avec le week-end d’ouverture du vendredi 8 juillet au dimanche 10 juillet 2022.
L’exposition organique explore, dans un processus ouvert, de nouvelles perspectives artistiques par des propositions de structures, d’espaces et de récits temporaires, qui interrogent de manière critique comment nous sommes dominés, contrôlés et gouvernés, et comment nous pouvons partager une vision commune d’appartenance.
Pour la Kunsthalle Baden-Baden, Grada Kilomba et Ersan Mondtag, figures majeures de la recherche performative et du théâtre allemand et international, ont conçu des performances. O Barco/The Boat (2021) de Grada Kilomba sera adapté pour le parc public autour de la Kunsthalle Baden-Baden, tandis qu’une installation nouvelle de Ersan Mondtag sera activée par sa performance également inédite, Becoming Sculptures (2022), et servira de scène aux échanges artistiques et aux performances durant l’exposition.
Dès le début de l’exposition, la métaphore poétique d’un bateau dans l’imagination de Grada Kilomba déploie l’histoire de l’esclavage et de la liberté par une cérémonie collective et une poésie abstraite. À la suite de différentes traces narratives sur l’existence humaine et des formes étranges dans divers médias, une série d’actions, d’événements et de discussions se déroulent sur une scène représentant une architecture templière humide, qui, en tant que proposition d’un musée temporaire de Ersan Mondtag, s’assèche avec le temps. Cette architecture fait référence à des formes historiques où les champs sociaux, privés, politiques et transcendantaux se mélangent. Les déclarations queer disséminées à travers le temple, de divers·es artistes, formulent des scénarios futurs pour l’humanité.
Les pratiques multiformes des artistes exposant·es s’occupent particulièrement, dans leurs projets actuels, du motif directeur de l’eau. L’urgence d’une politique de l’eau et l’importance du lieu de l’exposition dans les infrastructures historiques de la ville de Baden-Baden forment un contexte spécifique pour ces interventions, qui réfléchissent sur la ressource en eau précieuse.
Manuel Rossner crée, avec son intervention numérique, une perception critique de l’architecture de l’exposition et de l’espace institutionnel, un lieu géographique permanent conçu pourtant pour des expositions temporaires. Avec des expériences en intelligence acoustique, Robert Lippok, Michael Akstaller et Nicole L’Huillier réagissent aux effets de l’écoute architecturale, spatiale et corporelle de notre environnement, tandis que Muhannad Shono, Sorawit Songsataya et Kavachi développent des récits politiques sur d’autres formes d’intelligence et de connexions mutuelles. Ipek Duben, Olga Chernysheva et Silvina Der Meguerditchian abordent, par un regard délibérément féminin, les formes et réalités de la Nature et de l’État. Cansu Çakar, Alia Farid, Will Fredo et Christoph Schäfer s’interrogent sur la propriété des ressources en eau et des terres, comment partager des biens écologiques communs et comment celles-ci reflètent notre vie individuelle et collective.
En définitive, la Kunsthalle doit devenir le rêve que nous partageons : une oasis, un désert, une rivière, la Forêt-Noire ou l’habitat d’un antipode, une transformation continue des espaces et du soi… elle offre toutes les formes de rassemblement et de partage.
* La citation d’ouverture de Grada Kilomba provient d’un entretien de l’artiste avec Victoria Adukwei Bulley dans frieze, numéro 228, 2022.

































